Un pommier dans le désert - Aventure titanesque..!

8 avril 2019. La course commence par l'envoi du vélo (ou du bike pour 
les VTTistes) pour le Maroc. 15j avant le départ DHL t'envoie un immense 
carton dans lequel tu mets ton vélo après l'avoir démonté. J'en profite 
pour mettre dans le carton les 5 tenues de la pomme ce qui m'évitera de 
les porter.

vendredi 26 avril 2019. Les affaires sont dans le sac de la Hauteroute 
(120 l à roulettes), avec la poudre énergétique pour 30 heures de vélo, 
les barres, les gels et les noix de cajou, si, si. J'ai rajouté des 
minisaucissions secs de chez Cochonou, forcément difficiles à trouver au 
Maroc. Pour le matos, j'ai pris des chambres à air (en 29), des maillons 
rapides, des bidons (en plus du camelbak avec poche à eau de 3l), une 
chaîne 12V SRAM et autres babioles. Départ pour Paris afin de retrouver 
les autres "Titaniens", des mecs assez fous pour se lancer dans cette 
folle aventure. En fait je n'ai retrouvé qu'une dizaine de français, 
surtout des parisiens, un belge et un photographe de l'AFP. Départ pour 
Casablanca où nous allons attendre des heures interminables avant de 
prendre l'avion pour Errachidia avec une arrivée à 1h du matin.

Samedi 27 avril 2019. 2h de minibus et arrivée près du village de 
Merzouga dans le Sud Est du Maroc; on est près de l'Algérie. 
L'organisation vérifie les certificats médicaux, les puces de contrôle 
et surtout on récupère nos vélos qui ont été remontés après leur 
transport par camion (le frein arrière est bloqué par la chaleur subie 
par le vélo, changement de piston; merci Masquebici. Briefing pour 
l'étape du lendemain, le tour des dunes de la Merzouga, avec un passage 
de franchissement de dunes de 5 à 10 km, selon le parcours emprunté. 102 
km au programme.

Dimanche 28 avril 2019. 1ère étape. Départ 8h avec 3 litres d'eau, 
prochain ravitaillement dans 40 kms. Piste de terres couverte de pierre, 
ça reste roulant et on part à 30 de moyenne. Après le 1er 
ravitaillement, je perd mon groupe et me retrouve seul face au vent. Le 
passage des dunes, fait tomber la moyenne et monter le cardio. On 
approche les 35° mais ça reste jouable. La deuxième partie sera un long 
moment de solitude, la déshydratation et l'hypoglycémie m'empêchant de 
suivre les autres coureurs qui me doublent. Arrivée 6h plus tard à près 
de 3 heures des premiers. Certains coureurs sont déjà partis à 
l'infirmerie car ils n'arrivent déjà plus à s'assoir...Forcément 80 
bornes assis sur un marteau piqueur, ça fait des dégâts...

Lundi 29 avril 2019. 2è étape. C'est le début de l'étape marathon, une 
double étape en 2 jours où il faut emporter son duvet, son matelas, son 
ravitaillement pour les 2 jours. Pour compliquer la sauce, 
l'organisation nous a mitonné une belle portion de dunes et surtout 
cette étape est en orientation. On nous donne 6 points GPS et après aux 
coureurs de se débrouiller pour trouver le bon chemin. Le début est 
plutôt rapide, même si certains coureurs partent dans le sens opposé au 
notre! Arrivés aux dunes, les coureurs ne suivent pas les mêmes traces 
et chacun essaie un chemin différent, en essayant de garder le cap de ne 
pas trop s'enfoncer dans le sable. Le sable c'est pas dur, plus tu vas 
vite, moins tu t'enfonces, pas vrai? Température: 40°. Certains mettront 
3heures pour traverser ces dunes. Une fois passées les dunes, on entame 
un tracé plus roulant malgré la tôle ondulée ou les passages ensablés en 
traversant les oueds asséchés. Au 100è km, je n'arrive plus à avancer et 
m'arrête sur la terrasse d'une maison en terre. Des policiers stoppent 
leur voiture et me mettent de la glace dans le dos pour me rafraîchir. 
Je suis mal et ne repart toujours pas. Finalement, on me tend une 
bouteille de coca et ce booster me permet de finir la 1ère partie de 
l'étape marathon; la moyenne a bien chuté, c'est con. Les derniers 
coureurs arrivent avec la nuit, au travers d'une tempête de sable qui 
commence. Ils auront mis plus de 11h. On nous apprend alors que 
Fernando, coureur espagnol de 46 ans est mort sur le parcours. Au 50è km 
il s'est éloigné du bon tracé et a fait un malaise; il a appuyé sur son 
tracker et l'hélicoptère de l'organisation est venu rapidement pour le 
secourir mais malheureusement trop tard

Mardi 30 avril 2019. 3è étape. Minute de silence. Certains coureurs 
pleurent. Chacun se dit qu'il aurait pu être Fernando. La 2è partie de 
l'étape marathon a été raccourcie à 65 kms et neutralisée en raison de 
l'accident de la veille. Personne ne se plaint. On roule moitié chemin, 
moitié route pour revenir à Merzouga où les khaïmas (tente berbère) ont 
été dévastées par la tempête de sable d'hier. Nos affaires sont pleines 
de sable

Mercredi 30 avril 2019. 4è étape. On roule avec François Delecour, le 
champion du monde de rallye qui est venu pour sa 1ère course VTT. Même 
sans moteur, il déboule notre François et on finit à quelques minutes 
l'un de l'autre cette étape de 120 km à près de 24 de moyenne. Avant la 
douche, c'est coca, limonade et pâtes; le transit est reparti dans le 
bon sens et l'appétit itou! Sylvain Chavanel qui est dans une équipe 
espagnole passe à côté de notre table et nous l'invitons à dîner avec 
notre groupe des français (en tout 25 sur les 700 coureurs, dont 80% 
d'espagnols). On discute très ouvertement et Sylvain est vraiment un mec 
cool, comme le sont beaucoup de grands. Anectodes sur Poulidor et 
commentaires sur sa biographie qui va bientôt sortir en librairie. Les 
vainqueurs de l'étape du jour sont en tandem, il est vrai animé par les 
champions du monde de la spécialité...

Jeudi 1er mai 2019. 5è étape. C'est l'étape de grimpette avec plus de 
1000m de dénivelé, au programme. C'est aussi l'étape la plus longue avec 
125 km au menu. Avec François nous poursuivons notre remontée des 
cyclistes sur l'étape mais aussi dans les classements. Au ravito du 60 
km je retrouve Maud qui s'en revient des montagnes et me fait des bisous 
avant de repartir requinqué pour les 65 kms restants. Arrivée au sprint, 
avec un classement de l'étape à la 99è place (le déniv ça me va mieux). 
Sylvain Chavanel a gagné l'étape. On en profite pour le féliciter et 
pour redorer notre blason franchouillard après ces 4 étapes gagnées par 
des espagnols. ASO qui organise le tour de France et va racheter la 
Titan Désert sera certainement contente.

Vendredi 2 mai 2019. 6è étape. Le 6è jour sera une simple formalité 
compte-tenu de sa longueur, 65 kms. Ca part au carton et dès la première 
sablière ça s'éparpille. Les groupes se forment car le vent souffle face 
à nous. Je m'abrite dans un groupe, mais l'allure est trop lente et  je 
pars seul, face au vent, rejoint par un 2è coureur. On rattrape le 
groupe de devant et c'est déjà l'arrivée, après 2h50 qui sont passés 
presque trop vite. Maud m'encourage pour le dernier sprint. La Titan 
Désert est déjà finie. Séance émotion, séance photo. Remise du trophée 
en marbre et passage à l'hôtel pour une bonne douche avant d'aller 
manger, ou plutôt se baffrer de jambon et boire une petite mousse...

Classement 5è/30 dans la catégorie des masters 60
144è/680 au général dont 538 arrivants
Temps total personnel: 26h28
Temps total du 1er: 18h02
Temps total Sylvain Chavanel: 20h45

Le reportage  :  https://www.lequipe.fr/lachainelequipe/video/evenements/cyclisme-replay-titan-desert/x78odrk


Le site   :     https://www.titandesert.com/fr

Merci et toutes nos félicitations à Cyrille.